Taux fixé vs variable : comment faire le bon choix
Le débat entre le taux fixé et le taux variable est probablement la question la plus fréquente que se posent les emprunteurs hypothécaires canadiens. Il n'existe pas de réponse universelle : le meilleur choix dépend de votre situation personnelle, de votre tolérance au risque et des conditions économiques du moment. Voici les éléments essentiels pour prendre une décision éclairée.
Le taux fixé : stabilité et prévisibilité
Avec un taux hypothécaire fixé, votre taux d'intérêt et vos paiements restent identiques pendant toute la durée de votre terme (habituellement 1 à 5 ans, parfois jusqu'à 10 ans). Peu importe ce qui se passe sur les marchés financiers ou avec le taux directeur de la Banque du Canada, votre paiement mensuel ne change pas. Cette stabilité facilite la planification budgétaire et élimine le stress lié aux fluctuations de taux. En contrepartie, le taux fixé est généralement plus élevé que le taux variable au moment de la souscription, car le prêteur intègre une prime pour le risque qu'il assume en garantissant le taux pour toute la durée du terme.
Le taux variable : flexibilité et potentiel d'économies
Le taux variable est exprimé sous forme d'un escompte ou d'une majoration par rapport au taux préférentiel du prêteur (par exemple, taux préférentiel − 0,50 %). Lorsque la Banque du Canada modifie son taux directeur, les institutions financières ajustent leur taux préférentiel, ce qui fait varier votre taux hypothécaire. Il existe deux variantes : le prêt à paiements variables (vos mensualités fluctuent immédiatement) et le prêt à paiements fixes sur taux variable (vos mensualités restent stables mais la répartition capital-intérêts change).
Critères de décision essentiels
- Tolérance au risque : si l'idée que vos paiements puissent augmenter de 200 $ à 400 $ par mois vous cause de l'anxiété, le taux fixé est probablement préférable. Si vous pouvez absorber cette variation sans difficulté, le variable mérite considération.
- Marge de manoeuvre budgétaire : calculez l'impact d'une hausse de 2 % sur votre paiement. Si cette hausse vous empêche de couvrir vos dépenses essentielles, envisagez de choisir le fixé.
- Horizon de détention : si vous prévoyez vendre ou refinancer avant la fin du terme, le taux variable offre généralement des pénalités de remboursement anticipé beaucoup moins élevées (3 mois d'intérêts au lieu du différentiel de taux).
- Conditions économiques : en période de taux élevés où le marché anticipe des baisses, le variable peut être avantageux. En période de taux bas avec des anticipations de hausse, le fixé protège votre budget.
- Profil de premier acheteur : les premiers acheteurs qui s'ajustent à un nouveau paiement hypothécaire bénéficient souvent de la prévisibilité du taux fixé pour éviter tout choc financier.
La stratégie hybride : combiner fixé et variable
Certains emprunteurs choisissent de diviser leur hypothèque en deux tranches : une portion à taux fixé pour la sécurité et une portion à taux variable pour le potentiel d'économie. Cette approche permet de bénéficier partiellement des avantages des deux options. Toutefois, elle peut compliquer le renouvellement et limiter votre flexibilité pour changer de prêteur. Discutez de cette stratégie avec votre courtier hypothécaire certifié AMF pour déterminer si elle convient à votre situation.