Agir rapidement après une perte d'emploi pour protéger votre hypothèque
La rapidité de votre réaction détermine vos options. Plus vous agissez tôt, plus les solutions sont nombreuses et avantageuses. Un retard de paiement signalé aux agences de crédit peut affecter votre cote pendant 6 à 7 ans et compromettre votre capacité à refinancer. Voici votre plan d'action structuré pour traverser cette période difficile tout en protégeant votre patrimoine immobilier.
Plan d'action immédiat en cinq étapes
- Évaluez vos ressources immédiates: Faites l'inventaire complet de vos ressources : fonds d'urgence en épargne, assurance-emploi (55 % du salaire assurable, maximum environ 668 $ par semaine), assurance hypothécaire si vous avez souscrit la couverture perte d'emploi, indemnité de départ de l'employeur, placements liquidables (CELI, comptes non enregistrés), et revenus de votre conjoint le cas échéant. Calculez combien de mois vous pouvez tenir sans revenus d'emploi.
- Contactez votre prêteur immédiatement, avant de manquer un paiement: Appelez le service aux emprunteurs en difficulté (pas le service clientèle général) et expliquez votre situation avec honnêteté. Indiquez la cause de la perte d'emploi, vos ressources actuelles et votre plan de retour à l'emploi. Les prêteurs préfèrent trouver des solutions plutôt que d'entamer des procédures coûteuses de saisie. Demandez les options de report, modification ou arrangement temporaire.
- Vérifiez toutes vos assurances: Assurance perte d'emploi sur l'hypothèque (vérifiez le délai de carence de 30 à 90 jours et les exclusions, comme la démission volontaire ou le congédiement pour cause), assurance collective de l'ancien employeur qui peut continuer temporairement, et indemnité de départ qui peut être étalée ou versée en bloc. Soumettez vos réclamations le plus rapidement possible.
- Consultez un courtier hypothécaire certifié AMF: Un courtier peut négocier avec votre prêteur en votre nom grâce à ses relations professionnelles et son expertise. Il explore aussi les alternatives : refinancement chez un autre prêteur si vous avez suffisamment d'équité, transfert vers un prêteur offrant de meilleures conditions de report, ou consolidation de dettes pour réduire vos obligations mensuelles totales.
- Ajustez votre budget et priorisez l'hypothèque: Réduisez immédiatement toutes les dépenses non essentielles. L'hypothèque doit être votre priorité absolue de paiement pour protéger votre cote de crédit et votre patrimoine. Suspendez les prépaiements et les cotisations d'épargne non essentielles. Chaque dollar compte pendant la période de transition.
Options de modification disponibles auprès des prêteurs
- Report de paiement complet (1 à 6 mois) : aucun paiement pendant la période, mais les intérêts s'accumulent et sont ajoutés au capital. Sur un prêt de 300 000 $ à 5 %, un report de 3 mois ajoute environ 3 750 $ au capital.
- Prolongation de l'amortissement : réduit les paiements mensuels de 10 à 15 % en étalant la dette sur une période plus longue. L'amortissement peut être ramené au niveau original lors du prochain renouvellement.
- Paiement d'intérêts seulement (3 à 12 mois) : élimine temporairement le remboursement du capital, réduisant le paiement de 40 à 60 %. Le capital ne diminue pas pendant cette période.
- Refinancement : si vous avez suffisamment d'équité dans la propriété et un plan crédible de retour à l'emploi, un refinancement peut consolider vos dettes et réduire vos obligations mensuelles totales.
Chaque option a des conséquences à long terme sur le coût total de votre hypothèque. Un courtier certifié AMF vous aide à choisir celle qui préserve le mieux votre situation financière globale, en comparant les coûts de chaque scénario avec vos données réelles. L'objectif est de traverser la période difficile sans compromettre votre patrimoine ni votre capacité d'emprunt future.