Erreurs coûteuses lors du bris d'hypothèque

Les 7 pièges les plus fréquents et comment les éviter

Décision de bris5 min de lecture11 février 2026
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Briser une hypothèque au Québec peut être une décision financièrement avantageuse, mais plusieurs erreurs coûteuses peuvent transformer cette opération en désastre financier. L'erreur la plus fréquente est de ne pas calculer précisément le point mort avant de procéder : de nombreux emprunteurs se laissent séduire par un taux plus bas sans vérifier si les économies nettes dépassent réellement les coûts totaux de rupture, incluant la pénalité DTI ou trois mois d'intérêt, les frais juridiques, l'évaluation et la mainlevée. La deuxième erreur courante est de comparer son taux actuel aux taux affichés plutôt qu'aux taux négociés réellement disponibles, ce qui surestime l'économie potentielle. La troisième erreur est de négliger les conditions contractuelles du nouveau prêt — certains emprunteurs obtiennent un taux marginalement inférieur mais avec des privilèges de remboursement anticipé restrictifs ou une pénalité DTI calculée sur le taux affiché, ce qui les piège lors d'un futur bris. Parmi les autres erreurs fréquentes : oublier que le test de résistance B-20 du BSIF s'applique au nouveau financement, ignorer les incitatifs de transfert disponibles, ne pas vérifier le relevé de quittance final avant la signature chez le notaire et ne pas considérer l'impact fiscal du refinancement pour les propriétaires d'immeubles locatifs.

Les erreurs les plus coûteuses lors du bris d'hypothèque

Le bris d'hypothèque peut être une opération financièrement judicieuse lorsqu'elle est bien exécutée, mais des erreurs de jugement ou de processus peuvent rapidement transformer cette stratégie en fiasco financier. Au Québec, les emprunteurs qui procèdent au bris sans préparation adéquate perdent en moyenne entre 3 000 $ et 15 000 $ en coûts évitables, selon les données des courtiers hypothécaires certifiés AMF. Ces pertes résultent de calculs incomplets, de comparaisons inadéquates, de méconnaissance des conditions contractuelles et d'un manque de négociation. Voici les erreurs les plus fréquentes et les plus coûteuses à éviter absolument dans votre processus de bris d'hypothèque.

Erreur 1 : Ignorer le calcul de point mort

L'erreur la plus fondamentale et la plus coûteuse est de procéder au bris d'hypothèque sans effectuer un calcul de point mort rigoureux. Beaucoup d'emprunteurs se concentrent uniquement sur la différence de taux sans quantifier tous les coûts de rupture ni calculer le nombre de mois nécessaires pour récupérer ces coûts. Un emprunteur qui paie 15 000 $ de pénalité et de frais pour économiser 200 $ par mois aura besoin de 75 mois (plus de 6 ans) pour atteindre le point mort — bien au-delà d'un terme de 5 ans. Sans ce calcul, il est impossible de savoir si l'opération est réellement rentable. Pire encore, certains emprunteurs découvrent après coup que les économies mensuelles sont inférieures à ce qu'ils avaient estimé, repoussant le point mort encore plus loin.

Erreur 2 : Comparer avec les taux affichés

Les taux hypothécaires affichés par les institutions financières sont des taux de vitrine rarement consentis aux emprunteurs. Comparer votre taux actuel au taux affiché surestime systématiquement l'écart et les économies potentielles. Les taux réellement négociés par un courtier hypothécaire sont typiquement de 0,50 % à 1,50 % inférieurs aux taux affichés. Un emprunteur qui croit pouvoir économiser 350 $ par mois en comparant son taux au taux affiché pourrait ne réellement économiser que 150 $ à 200 $ par mois avec le taux négocié, ce qui change complètement l'analyse de rentabilité et le calcul du point mort.

Erreur 3 : Négliger les conditions du nouveau contrat

Se concentrer exclusivement sur le taux en ignorant les autres conditions contractuelles est une erreur qui peut coûter cher à long terme. Certains prêteurs offrent des taux légèrement plus bas mais avec des conditions nettement plus restrictives : privilèges de remboursement anticipé limités à 10 % (vs 20 % chez d'autres prêteurs), pénalité DTI calculée sur le taux affiché plutôt que le taux contractuel, restrictions sur la portabilité, ou clauses de conversion limitées. Un emprunteur qui obtient un taux 0,10 % plus bas mais perd 10 % de privilège de remboursement anticipé se prive de la capacité de rembourser jusqu'à 40 000 $ par année sans pénalité sur un prêt de 400 000 $. Si votre situation change et que vous devez à nouveau briser l'hypothèque, une pénalité DTI calculée sur le taux affiché pourrait vous coûter 6 000 $ à 15 000 $ de plus qu'une pénalité basée sur le taux contractuel.

Erreur 4 : Oublier le test de résistance B-20

Certains emprunteurs supposent à tort qu'ils se qualifieront automatiquement pour le nouveau financement puisqu'ils ont déjà une hypothèque. En réalité, un refinancement avec un nouveau prêteur exige une qualification complète sous les règles B-20 du BSIF, incluant le test de résistance au taux le plus élevé entre 5,25 % et le taux contractuel majoré de 2 %. Si votre situation financière a changé depuis le financement initial — augmentation des dettes, diminution des revenus, passage au travail autonome — vous pourriez ne pas vous qualifier. Découvrir ce problème après avoir entamé le processus, obtenu une évaluation et engagé des frais juridiques préliminaires représente un gaspillage d'argent et de temps. Votre courtier devrait vérifier votre admissibilité dès la première consultation.

Erreur 5 : Ne pas négocier et ne pas utiliser les incitatifs

De nombreux emprunteurs acceptent la première offre de taux sans négocier, laissant potentiellement des milliers de dollars sur la table. Les prêteurs ont des marges de négociation sur le taux, et la concurrence pour attirer les clients refinançants est féroce. De plus, des incitatifs de transfert sont souvent disponibles mais rarement offerts proactivement : remises en argent de 500 $ à 3 000 $, couverture des frais juridiques jusqu'à 1 500 $, et parfois même la couverture des frais de mainlevée. Un courtier hypothécaire expérimenté sait quels prêteurs offrent ces incitatifs et comment les maximiser. Ne pas utiliser un courtier et négocier directement avec une seule banque est l'une des erreurs les plus coûteuses, car vous n'avez aucun levier de négociation sans offres concurrentes.

Erreur 6 : Ne pas vérifier le relevé de quittance

Le relevé de quittance final émis par votre prêteur sortant indique le montant total à rembourser, incluant le solde, la pénalité, les intérêts accumulés et les frais. Certains emprunteurs signent chez le notaire sans vérifier attentivement ce document, découvrant ensuite des écarts avec les estimations initiales. Les intérêts accumulés entre la date du calcul de pénalité et la date de remboursement effectif, des frais administratifs imprévus ou des erreurs de calcul peuvent augmenter le montant de plusieurs centaines à plusieurs milliers de dollars. Demandez ce relevé au moins 48 heures avant la date de signature prévue et vérifiez chaque ligne avec votre courtier.

Pénalité DTI sur taux affiché vs taux contractuel
Deux méthodes distinctes de calcul du différentiel de taux d'intérêt utilisées par les prêteurs canadiens. La méthode du taux affiché (utilisée par les grandes banques) compare votre taux contractuel au taux affiché actuel moins l'escompte théorique, produisant un écart et une pénalité plus élevés. La méthode du taux contractuel (utilisée par les prêteurs monoline et certaines coopératives) compare votre taux contractuel au taux contractuel actuel pour un terme équivalent, produisant un écart et une pénalité plus équitables. La différence peut représenter 5 000 $ à 15 000 $ sur un même solde.

Questions fréquentes

Quelle est l'erreur la plus coûteuse?
Ne pas obtenir la pénalité par écrit. Elle peut varier de jour en jour et les estimations verbales sont imprécises.
Pourquoi les conditions importent-elles?
Un taux bas avec des conditions restrictives peut coûter plus cher qu'un taux légèrement plus élevé avec de bonnes conditions.
Le test de stress peut-il bloquer mon refinancement?
Oui, si vos revenus ont baissé ou vos dettes ont augmenté.
Comment éviter ces erreurs?
Travaillez avec un courtier certifié AMF qui analyse l'ensemble de votre situation.

Information éducative uniquement. Ne constitue pas un conseil financier au sens de la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF). Consultez un courtier hypothécaire certifié AMF avant toute décision financière.

Assistant hypothécaire

Bonjour! Je suis votre assistant hypothécaire éducatif. Posez-moi vos questions sur les hypothèques au Québec et au Canada.

Info éducative · Ne constitue pas un conseil financier