Aider son enfant à devenir propriétaire : les options au Québec
L'accès à la propriété est devenu un défi de taille pour la jeune génération au Québec. Selon les données de l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), le prix médian des propriétés a considérablement augmenté au cours des dernières années, rendant la mise de fonds initiale particulièrement difficile à accumuler. De nombreux parents souhaitent aider leurs enfants, mais les options disponibles comportent chacune des implications financières et juridiques qu'il faut bien comprendre.
Le don de mise de fonds
Le don est la méthode la plus simple et la plus courante. Au Canada, il n'y a pas d'impôt sur les dons entre particuliers, contrairement aux États-Unis. Vous pouvez donner n'importe quel montant à votre enfant sans conséquence fiscale directe. Les prêteurs et assureurs hypothécaires (SCHL, Sagen, Canada Guaranty) acceptent les dons de la famille immédiate comme mise de fonds, mais exigent une lettre de don signée par le donateur. Cette lettre doit confirmer le montant du don, le lien de parenté et le fait qu'aucun remboursement n'est attendu.
La co-signature et le cautionnement
Si votre enfant n'a pas les revenus suffisants pour se qualifier seul, vous pouvez co-signer l'hypothèque en tant que co-emprunteur ou agir comme garant. En tant que co-emprunteur, vous êtes inscrit sur l'acte hypothécaire et solidairement responsable de la totalité du prêt. En tant que garant, vous vous engagez à couvrir les paiements en cas de défaut de votre enfant, sans nécessairement être inscrit sur le titre de propriété. Dans les deux cas, la dette apparaît à votre dossier de crédit et réduit votre propre capacité d'emprunt pour d'autres projets hypothécaires.
Les programmes gouvernementaux
- CELIAPP (Compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété) : permet d'épargner jusqu'à 8 000 $ par année (maximum 40 000 $ à vie) avec déduction fiscale, retraits libres d'impôt pour un premier achat admissible
- RAP (Régime d'accession à la propriété) : retrait de jusqu'à 60 000 $ du REER sans impôt pour l'achat d'une première maison, remboursable sur 15 ans à partir de la deuxième année suivant le retrait
- Crédit d'impôt pour l'achat d'une première habitation (fédéral) : crédit non remboursable de 10 000 $ (valeur de 1 500 $ de réduction d'impôt au taux de 15 %)
- Incitatif à l'achat d'une première propriété : vérifiez la disponibilité actuelle de ce programme auprès de la SCHL, car ses conditions ont évolué depuis son lancement
Le prêt familial : à considérer avec prudence
Le prêt familial consiste à avancer des fonds à votre enfant avec une entente de remboursement. Contrairement au don, les prêteurs considèrent ce montant comme une dette que l'enfant doit rembourser. Les paiements mensuels estimés du prêt familial sont inclus dans le calcul du ratio ATD de l'enfant, réduisant le montant hypothécaire pour lequel il se qualifie. De plus, les fonds empruntés ne sont généralement pas acceptés comme mise de fonds par les assureurs hypothécaires (SCHL, Sagen, Canada Guaranty). Si vous optez pour cette voie, faites rédiger une convention de prêt notariée pour protéger les deux parties et clarifier les conditions de remboursement.