Hypothèque immobilière vs mobilière

différences, cas d'application, registres (foncier vs RDPRM)

Droits3 min de lecture11 février 2026
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Le Code civil du Québec distingue deux grandes catégories d'hypothèques : l'hypothèque immobilière, qui grève un bien immeuble (maison, condo, terrain), et l'hypothèque mobilière, qui porte sur un bien meuble (véhicule, équipement, créances, inventaire). Cette distinction est fondamentale, car elle détermine le régime juridique applicable, le mode de publication et les recours du créancier. L'hypothèque immobilière est régie par les articles 2693 à 2695 du CCQ et doit obligatoirement être constatée par acte notarié, puis publiée au Registre foncier du Québec. L'hypothèque mobilière, quant à elle, est régie par les articles 2696 à 2714.7 du CCQ et est publiée au Registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM). Dans le contexte du prêt hypothécaire résidentiel, c'est l'hypothèque immobilière qui s'applique dans la grande majorité des cas. Toutefois, l'hypothèque mobilière est fréquemment utilisée dans le financement commercial, le crédit-bail automobile et le financement d'entreprise. La consultation du RDPRM permet de vérifier si un bien meuble est grevé d'une hypothèque avant de l'acquérir. L'AMF encadre les intermédiaires qui proposent des produits de financement comportant des hypothèques mobilières. Comprendre ces deux types d'hypothèques aide les emprunteurs québécois à mieux saisir la portée de leurs engagements financiers et les mécanismes de protection qui s'appliquent à chaque catégorie de bien.

Hypothèque immobilière vs mobilière : deux régimes distincts au Québec

Le Code civil du Québec reconnaît deux grandes catégories d'hypothèques, chacune adaptée à la nature du bien qui sert de garantie. L'hypothèque immobilière s'applique aux biens immeubles — maisons unifamiliales, condos, immeubles à revenus, terrains — tandis que l'hypothèque mobilière s'appliqué aux biens meubles — véhicules, équipements, stocks, créances et même valeurs mobilières. Cette distinction, bien qu'elle puisse sembler technique, a des conséquences pratiques majeures pour les emprunteurs et les créanciers.

L'hypothèque immobilière : le pilier du financement résidentiel

L'hypothèque immobilière est la forme la plus courante pour les emprunteurs québécois qui achètent ou refinancent une propriété résidentielle. Elle est régie par les articles 2693 à 2695 du CCQ. L'article 2693 stipule que l'hypothèque immobilière doit obligatoirement être constituée par acte notarié en minute. Cette exigence, propre au droit civil québécois, assure une protection juridique renforcée pour toutes les parties. Le notaire vérifie l'identité des signataires, s'assure de leur capacité juridique, explique la portée de l'engagement et veille à la conformité de l'acte avec la loi.

L'hypothèque mobilière : financement des biens meubles

L'hypothèque mobilière, régie par les articles 2696 à 2714.7 du CCQ, porte sur des biens meubles. Elle est couramment utilisée dans le financement commercial et industriel : un fabricant qui emprunte pour acquérir de l'équipement, un concessionnaire automobile qui finance son inventaire, ou une entreprise qui donne en garantie ses comptes à recevoir. Contrairement à l'hypothèque immobilière, l'hypothèque mobilière peut être constatée par acte sous seing privé (un contrat signé entre les parties, sans notaire). Elle doit cependant être publiée au Registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM) pour être opposable aux tiers.

Comparaison des deux régimes

  1. Nature du bien garanti: L'hypothèque immobilière porte sur un immeuble (maison, condo, terrain, immeuble à revenus). L'hypothèque mobilière porte sur un meuble (véhicule, équipement, inventaire, créances, valeurs mobilières).
  2. Forme de l'acte constitutif: L'hypothèque immobilière exige un acte notarié en minute (art. 2693 CCQ). L'hypothèque mobilière peut être constituée par acte sous seing privé, sauf exceptions prévues par la loi.
  3. Registre de publication: L'hypothèque immobilière est publiée au Registre foncier du Québec. L'hypothèque mobilière est publiée au RDPRM (Registre des droits personnels et réels mobiliers).
  4. Coûts associés: L'hypothèque immobilière entraîne des frais de notaire (1 000 $ à 2 000 $) et des frais de publication au Registre foncier. L'hypothèque mobilière implique des frais de publication au RDPRM, généralement moins élevés.
  5. Recours du créancier: Les deux types offrent le droit de suite et le droit de préférence, mais les modalités d'exercice des recours hypothécaires diffèrent selon la nature du bien. Les recours sur un immeuble sont encadrés plus strictement par le CCQ.

Le RDPRM : un outil de vérification essentiel

Le Registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM) est un registre public accessible en ligne qui permet de vérifier si un bien meuble est grevé d'une sûreté. Avant d'acheter un véhicule d'occasion ou de l'équipement usagé, il est prudent de consulter le RDPRM pour s'assurer que le bien n'est pas hypothéqué. Une inscription au RDPRM signifie qu'un créancier détient un droit sur ce bien. Les frais de consultation sont modiques et la démarche est rapide.

Pertinence pour l'emprunteur résidentiel

Pour la majorité des emprunteurs québécois qui contractent un prêt pour l'achat ou le refinancement d'une propriété résidentielle, c'est l'hypothèque immobilière qui s'applique. Cependant, connaître l'existence de l'hypothèque mobilière est utile dans plusieurs situations : achat d'un terrain avec une roulotte, acquisition d'une maison usinée non encore fixée au sol, ou financement mixte pour un immeuble commercial incluant de l'équipement. L'AMF encadre les courtiers et les intermédiaires qui offrent des produits de financement comportant des hypothèques mobilières, assurant ainsi la protection des consommateurs québécois. En cas de doute sur le type d'hypothèque applicable à votre situation, un notaire ou un courtier hypothécaire certifié AMF pourra vous orienter.

Questions fréquentes

Quelle est la différence principale entre une hypothèque immobilière et mobilière?
L'hypothèque immobilière porte sur un bien immeuble (maison, condo, terrain) et est publiée au Registre foncier du Québec, tandis que l'hypothèque mobilière porte sur un bien meuble (véhicule, équipement, créances) et est publiée au RDPRM. L'hypothèque immobilière requiert un acte notarié, ce qui n'est pas toujours le cas pour l'hypothèque mobilière.
Pourquoi l'hypothèque immobilière doit-elle être faite par acte notarié?
L'article 2693 du CCQ exige que l'hypothèque immobilière soit constituée par acte notarié en minute. Cette exigence vise à protéger les parties en assurant que le notaire vérifie l'identité des signataires, explique la portée de l'engagement et s'assure de la conformité légale de l'acte. Le notaire procède ensuite à la publication au Registre foncier.
Qu'est-ce que le RDPRM et à quoi sert-il?
Le Registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM) est le registre public québécois où sont inscrites les hypothèques mobilières et d'autres droits sur les biens meubles. Il permet à toute personne de vérifier si un bien meuble (véhicule, équipement) est grevé d'une sûreté avant de l'acquérir. La consultation est accessible en ligne moyennant des frais modiques.
Est-ce qu'un prêt hypothécaire résidentiel utilise une hypothèque mobilière?
Non, dans la grande majorité des cas, un prêt hypothécaire résidentiel est garanti par une hypothèque immobilière, puisque la garantie porte sur la maison ou le condo. L'hypothèque mobilière est plutôt utilisée pour le financement de biens meubles : véhicules, équipements industriels, inventaires d'entreprise ou créances commerciales.
Puis-je avoir une hypothèque immobilière et une hypothèque mobilière sur le même prêt?
C'est possible dans certains contextes commerciaux. Par exemple, un prêteur peut exiger une hypothèque immobilière sur le bâtiment d'une entreprise et une hypothèque mobilière sur l'équipement qu'il contient. Pour un prêt résidentiel classique, seule l'hypothèque immobilière est généralement requise.

Information éducative uniquement. Ne constitue pas un conseil financier au sens de la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF). Consultez un courtier hypothécaire certifié AMF avant toute décision financière.

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