Les taux montent : que faire avec votre hypothèque variable?
Vous avez choisi un taux variable pour bénéficier d'un taux initial plus bas, mais la Banque du Canada a annoncé une ou plusieurs hausses de taux directeur. La question se pose : devez-vous convertir en taux fixe, augmenter vos paiements, ou simplement maintenir le cap? La réponse n'est pas universelle et dépend de votre situation financière, de votre tolérance au risque et des conditions de votre contrat hypothécaire.
Arbre de décision : évaluer vos options
Avant de prendre une décision hâtive, posez-vous les questions suivantes de manière systématique. Votre courtier hypothécaire certifié par l'AMF peut vous accompagner dans cette analyse.
- Question 1 : Votre paiement est-il encore confortable dans votre budget?: Calculez l'impact réel de la hausse sur votre paiement mensuel. Si une hausse de 0,25 % représente environ 13 $ par 100 000 $ de solde, une hypothèque de 400 000 $ verra son paiement augmenter d'environ 52 $ par mois. Si cette augmentation est absorbable sans difficulté, vous pourriez maintenir le taux variable.
- Question 2 : Combien de temps reste-t-il à votre terme?: Si votre renouvellement est dans moins de 12 à 18 mois, la conversion peut ne pas être justifiée. Vous pourrez négocier un nouveau taux (fixé ou variable) au renouvellement sans pénalité. Si votre terme vient de commencer, la protection d'un taux fixe à plus de valeur sur une plus longue période.
- Question 3 : Quel est le différentiel entre votre taux variable et le taux fixe actuel?: Si votre taux variable actuel est de 5,50 % (après la hausse) et le taux fixe 5 ans est à 5,25 %, la conversion peut être intéressante car vous payez déjà plus en variable. Si l'écart est inverse (variable encore plus bas que le fixé), convertir vous coûterait immédiatement plus cher.
- Question 4 : Quelle est votre tolérance au risque?: Si l'incertitude des paiements futurs vous cause du stress financier ou de l'anxiété, la tranquillité d'esprit d'un taux fixe peut valoir un coût légèrement supérieur. La sérénité budgétaire a une valeur réelle, même si elle n'apparaît pas dans un calcul purement financier.
Les trois stratégies principales
Stratégie 1 : Maintenir le cap (statu quo)
Historiquement, les emprunteurs qui maintiennent un taux variable sur le long terme paient moins d'intérêts que ceux qui optent pour un taux fixe. Des études menées par la Banque du Canada et des chercheurs universitaires canadiens ont démontré que le taux variable a été moins coûteux que le taux fixe dans environ 80 % à 90 % des périodes historiques de 5 ans. Cette stratégie convient aux emprunteurs avec un budget flexible, un coussin d'urgence solide et une bonne tolérance au risque. Elle est moins recommandée pour ceux qui sont au maximum de leur ratio d'endettement selon les critères du BSIF (ligne directrice B-20).
Stratégie 2 : Convertir en taux fixe
La conversion est avantageuse lorsque le taux fixe est proche ou inférieur à votre taux variable actuel, que vous avez un long terme restant (3 ans ou plus), que vous prévoyez d'autres hausses significatives de la Banque du Canada, ou que vous avez besoin de stabilité budgétaire. La plupart des contrats hypothécaires permettent cette conversion au taux fixe en vigueur sans pénalité, pour le reste de votre terme actuel. Vérifiez que la conversion se fait au taux affiché pour la durée restante de votre terme, et non au taux d'un nouveau terme de 5 ans.
Stratégie 3 : Stratégie hybride (augmenter les paiements)
Si vous croyez que les hausses sont temporaires, vous pouvez augmenter volontairement vos paiements pour maintenir le même rythme de remboursement du capital. Cette approche vous garde en taux variable (et donc en position de bénéficier d'une future baisse) tout en évitant l'allongement de votre amortissement. La plupart des prêteurs canadiens permettent une augmentation de 10 % à 20 % du paiement original par année sans pénalité, conformément aux privilèges de remboursement anticipé inscrits dans votre convention hypothécaire.
La décision entre maintenir, convertir ou ajuster n'est jamais définitive. Les marchés sont cycliques, et la prochaine annonce de la Banque du Canada pourrait changer la donne. L'essentiel est de prendre une décision éclairée, basée sur vos chiffres personnels et non sur les gros titres des médias. Votre courtier hypothécaire certifié par l'AMF est votre meilleur allié dans cette analyse.