Refinancement pour réduire le taux

calcul du point mort (break-even)

Refinancement4 min de lecture11 février 2026
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Le refinancement hypothécaire pour obtenir un taux d'intérêt inférieur est l'une des raisons les plus fréquentes pour lesquelles les emprunteurs québécois envisagent de briser leur contrat hypothécaire avant terme. La décision repose sur un calcul fondamental : le point mort (break-even), soit le nombre de mois nécessaires pour que les économies d'intérêt compensent la pénalité de remboursement anticipé et les frais connexes. Au Canada, la pénalité est généralement le plus élevé des deux montants suivants : trois mois d'intérêt ou le différentiel de taux d'intérêt (DTI/IRD), conformément aux pratiques encadrées par le BSIF. Le calcul du point mort exige de considérer la pénalité de bris, les frais de notaire (obligatoire au Québec en vertu du CCQ pour l'acte hypothécaire), les frais d'évaluation et les frais de mainlevée. L'écart entre le taux actuel et le nouveau taux doit être suffisamment important pour justifier ces coûts. En règle générale, un écart de 0,50 % à 1,00 % est souvent cité comme seuil minimal, mais chaque situation est unique. Les courtiers hypothécaires certifiés AMF au Québec utilisent des outils de simulation pour déterminer si le refinancement est rentable sur l'horizon du nouveau terme. Le BSIF et la SCHL imposent un ratio prêt-valeur maximal de 80 % pour le refinancement conventionnel, ce qui signifie que l'emprunteur doit conserver au moins 20 % d'équité dans sa propriété.

Refinancer pour réduire son taux : quand est-ce vraiment rentable?

La baisse des taux d'intérêt est souvent l'élément déclencheur qui pousse les propriétaires québécois à envisager un refinancement hypothécaire. L'attrait d'un taux inférieur peut sembler irrésistible, surtout lorsque l'écart entre le taux contractuel actuel et les taux disponibles sur le marché est significatif. Toutefois, briser son hypothèque avant terme entraîne des coûts importants, et la rentabilité de l'operation dépend entièrement du calcul du point mort, aussi appelé break-even.

Le calcul du point mort : la clé de la décision

Le point mort représente le nombre de mois nécessaires pour que les économies d'intérêt réalisées grâce au nouveau taux compensent l'ensemble des coûts du refinancement. La formule de base est simple : divisez le coût total du refinancement par l'économie mensuelle nette. Par exemple, si un emprunteur a un solde de 300 000 $ à 5,50 % et qu'il peut obtenir un taux de 4,25 %, l'économie mensuelle en intérêt est d'environ 312 $. Si la pénalité de bris et les frais totalisent 8 500 $, le point mort se situe à environ 27 mois. Si le nouveau terme est de 5 ans (60 mois), l'emprunteur bénéficiera de 33 mois d'économies nettes après avoir atteint le point mort.

Comprendre la pénalité de remboursement anticipé

Au Canada, pour une hypothèque à taux fixe, la pénalité est le plus élevé entre trois mois d'intérêt et le différentiel de taux d'intérêt (DTI ou IRD en anglais). Le DTI compare votre taux contractuel au taux actuel du prêteur pour un terme équivalent à la durée restante de votre contrat. Plus l'écart est grand et plus il reste de mois au terme, plus la pénalité DTI sera élevée. Pour un prêt à taux variable, la pénalité est presque toujours limitée à trois mois d'intérêt, ce qui la rend généralement beaucoup moins coûteuse.

Différentiel de taux d'intérêt (DTI/IRD)
Méthode de calcul de la pénalité hypothécaire qui représente la différence entre le taux contractuel de l'emprunteur et le taux actuel du prêteur pour un terme correspondant à la durée restante du contrat, appliquée au solde et multipliée par le nombre de mois restants au terme. C'est généralement la méthode qui produit la pénalité la plus élevée sur un prêt à taux fixe.

Les coûts complets à considérer au Québec

  • Pénalité de remboursement anticipé : le coût le plus important, pouvant représenter des milliers voire des dizaines de milliers de dollars sur un taux fixe.
  • Frais de notaire : au Québec, le CCQ exige l'intervention d'un notaire pour toute hypothèque immobilière. Prévoyez entre 1 000 $ et 2 000 $ pour l'acte de refinancement.
  • Frais d'évaluation : le nouveau prêteur exigera souvent une évaluation professionnelle de la propriété, coûtant entre 300 $ et 500 $.
  • Frais de mainlevée ou de quittance : si vous changez de prêteur, l'hypothèque actuelle doit être radiée au Registre foncier du Québec. Ces frais de notaire supplémentaires varient de 400 $ à 800 $.
  • Frais de dossier ou d'administration : certains prêteurs facturent des frais de traitement, bien que plusieurs les absorbent pour attirer de nouveaux clients.

Quand le refinancement vaut la peine

  1. Écart de taux suffisant: Un écart d'au moins 0,75 % à 1,00 % entre votre taux actuel et le nouveau taux offre généralement une marge suffisante pour compenser les coûts, surtout si le solde hypothécaire est élevé (200 000 $ et plus).
  2. Durée restante au terme longue: Plus il reste de mois au terme actuel, plus la pénalité DTI sera élevée mais aussi plus vous aurez de temps pour récupérer les coûts du refinancement sur le nouveau terme. Idéalement, au moins 24 à 36 mois devraient rester pour que le refinancement ait du sens.
  3. Solde hypothécaire important: Un solde de 300 000 $ avec un écart de 1 % génère une économie annuelle de 3 000 $ en intérêt, tandis qu'un solde de 150 000 $ avec le même écart ne génère que 1 500 $. Le solde amplifie l'impact de l'écart de taux.
  4. Vérification du ratio prêt-valeur: Le BSIF exige un ratio prêt-valeur maximal de 80 % pour le refinancement. Assurez-vous que votre propriété a une valeur suffisante pour respecter ce seuil avant d'entamer les démarches.

Conseil pratique pour les emprunteurs québécois

Avant de contacter votre courtier hypothécaire certifié AMF, rassemblez les informations suivantes : votre relevé hypothécaire récente montrant le solde, le taux et la date d'échéance du terme, ainsi qu'un relevé de pénalité auprès de votre prêteur actuel. Votre courtier pourra alors effectuer une analyse de point mort précise en tenant compte de tous les frais. N'oubliez pas que la pénalité peut varier d'un jour à l'autre, car elle est fonction du solde dégressif et des taux en vigueur. En vertu de la LDPSF, votre courtier a l'obligation de vous présenter une analyse complète et transparente de la rentabilité du refinancement.

Questions fréquentes

Comment calculer le point mort d'un refinancement hypothécaire?
Le point mort se calcule en divisant le coût total du refinancement (pénalité + frais de notaire + évaluation + mainlevée) par l'économie mensuelle réalisée grâce au nouveau taux. Par exemple, si le coût total est de 6 000 $ et que vous économisez 200 $ par mois en intérêt, le point mort est de 30 mois. Au-delà de 30 mois, le refinancement devient rentable.
Quel écart de taux justifie un refinancement?
Il n'existe pas de règle universelle, mais en général un écart d'au moins 0,50 % à 1,00 % entre votre taux actuel et le nouveau taux est nécessaire pour que le refinancement soit rentable, surtout s'il reste moins de 2 ans à votre terme. Votre courtier hypothécaire AMF peut calculer le point mort exact pour votre situation.
Quels sont les coûts a inclure dans le calcul du point mort?
Les coûts incluent la pénalité de remboursement anticipé (3 mois d'intérêt ou DTI, le plus élevé), les frais de notaire (1 000 $ à 2 000 $ au Québec), les frais d'évaluation (300 $ à 500 $), les frais de mainlevée si vous changez de prêteur, et tout frais de dossier du nouveau prêteur.
Est-ce que la pénalité est toujours le DTI pour un taux fixé?
Pour un prêt à taux fixe, la pénalité est le plus élevé entre trois mois d'intérêt et le différentiel de taux d'intérêt (DTI/IRD). Chaque prêteur a sa propre méthode de calcul du DTI, et certains utilisent le taux affiche plutôt que le taux consenti, ce qui peut gonfler la pénalité de façon importante. Votre courtier peut demander un relevé de pénalité exact auprès de votre prêteur actuel.
Le refinancement est-il rentable s'il me reste seulement 12 mois au terme?
Rarement. Avec seulement 12 mois restants, la période pour récupérer les frais est courte. Il est souvent préférable d'attendre l'échéance du terme et de négocier un nouveau taux au renouvellement, sans pénalité. Cependant, si l'écart de taux est très important et le solde élevé, un calcul précis s'impose.
Puis-je refinancer si mon ratio prêt-valeur dépasse 80 %?
Non, le BSIF exige un ratio prêt-valeur maximal de 80 % pour le refinancement conventionnel au Canada. Si votre équité est insuffisante, vous devrez envisager d'autrès options comme attendre que la valeur de la propriété augmente, effectuer des remboursements anticipés pour réduire le solde, ou explorer un blend-and-extend auprès de votre prêteur actuel.

Information éducative uniquement. Ne constitue pas un conseil financier au sens de la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF). Consultez un courtier hypothécaire certifié AMF avant toute décision financière.

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