L'écart de taux : au cœur du calcul du DTI
Le différentiel de taux d'intérêt (DTI) repose sur un calcul apparemment simple : la différence entre votre taux contractuel et un taux de comparaison. Mais derrière cette simplicité se cache l'un des aspects les plus opaques du système hypothécaire canadien : le choix du taux de comparaison par le prêteur.
Taux affiche vs taux consenti
Le taux affiche est le taux publié par la banque sur son site web et en succursale. Il est systématiquement plus élevé que le taux réellement offert aux clients. Par exemple, une banque peut afficher 6,79 % pour un terme de 5 ans tout en offrant 4,79 % à la plupart de ses clients. L'écart de 2 % entre le taux affiche et le taux consenti joue un rôle majeur dans le calcul de la pénalité DTI.
Impact concret sur la pénalité
Prenons un solde de 400 000 $ avec 30 mois restants au terme. Si le taux contractuel est de 5,50 % et que le prêteur utilise un taux de comparaison de 4,80 % (taux affiche), le DTI serait de (0,55 - 0,048) x 400 000 x 30/12 = 7 000 $. Si le prêteur utilisait le taux consenti de 3,50 %, le DTI serait de (0,055 - 0,035) x 400 000 x 30/12 = 20 000 $. L'écart est considérable et illustre pourquoi le choix du prêteur initial est si important.
Comment se protéger
- Demandez à votre courtier hypothécaire certifié AMF de vous expliquer la méthode de calcul du DTI de chaque prêteur avant de signer.
- Privilégiez les prêteurs monolines dont les méthodes de calcul sont plus transparentes et souvent plus avantageuses.
- Obtenez une estimation écrite de la pénalité de votre prêteur actuel avant de prendre toute décision de refinancement.
- Vérifiez si votre contrat permet l'utilisation du privilège de remboursement anticipé pour réduire le solde avant le bris.