Les deux méthodes de calcul de pénalité au Canada
Quand un emprunteur souhaite briser son hypothèque à taux fixe avant la fin du terme, le prêteur calcule la pénalité selon deux méthodes et applique le montant le plus élevé. Cette règle est standard pour les institutions financières canadiennes, qu'elles soient fédérales (sous la supervision du BSIF) ou provinciales.
Méthode 1 : Trois mois d'intérêts
La méthode des trois mois d'intérêts est la plus simple. La formule est : Solde hypothécaire restant x Taux annuel contractuel / 4. Par exemple, pour un solde de 350 000 $ à un taux contractuel de 4,50 %, la pénalité serait de 350 000 $ x 0,045 / 4 = 3 937,50 $. Cette méthode ne tient compte ni de la durée restante ni de l'évolution des taux.
Méthode 2 : Différentiel de taux d'intérêt (DTI/IRD)
Le DTI mesure le coût pour le prêteur de replacer les fonds à un taux inférieur pour la durée restante du terme. La formule générale est : (Taux contractuel - Taux de comparaison) x Solde restant x Mois restants / 12. Le taux de comparaison est le taux actuel du prêteur pour un nouveau terme égal à la durée restante de votre hypothèque.
Comparaison concrète avec un exemple
- Données de départ: Solde de 300 000 $, taux contractuel de 5,00 %, 36 mois restants au terme. Le taux affiche actuel pour 3 ans est 4,50 %, le taux consenti actuel pour 3 ans est 3,50 %.
- Trois mois d'intérêts: 300 000 $ x 5,00 % / 4 = 3 750 $.
- DTI avec taux affiche (grandes banques): (5,00 % - 4,50 %) x 300 000 $ x 36/12 = 4 500 $. Le prêteur applique 4 500 $.
- DTI avec taux consenti (monolines): (5,00 % - 3,50 %) x 300 000 $ x 36/12 = 13 500 $. ATTENTION : si le prêteur utilise le taux consenti plus bas, le DTI est paradoxalement plus élevé car l'écart est plus grand. Dans ce cas, le prêteur monoline plafonne souvent le DTI au montant réel de perte.
Cet exemple illustre pourquoi il est essentiel de comprendre quelle méthode votre prêteur utilise et quel taux de comparaison il applique. Un courtier hypothécaire certifié AMF peut vous aider à décrypter les clauses de votre contrat et estimer votre pénalité réelle avant toute décision de refinancement.