Séparation / divorce

impact sur l'hypothèque, options

Pénalité3 min de lecture11 février 2026
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La séparation ou le divorce représentent l'une des situations les plus complexes en matière hypothécaire au Québec. Lorsqu'un couple se sépare, l'hypothèque sur la résidence familiale doit être traitée dans le cadre du partage du patrimoine familial, régi par les articles 414 à 426 du Code civil du Québec (CCQ). Trois options principales s'offrent aux ex-conjoints : la vente de la propriété et le partage du produit net, le rachat de la part de l'autre conjoint par refinancement, ou le maintien temporaire du statu quo. Chacune de ces options peut entraîner une pénalité de remboursement anticipé si l'hypothèque est brisée en cours de terme. La vente force le remboursement intégral du prêt, déclenchant la pénalité calculée selon le différentiel de taux d'intérêt (DTI/IRD) ou trois mois d'intérêt. Le rachat de part nécessite un refinancement pour retirer un coemprunteur, ce qui constitue également un bris d'hypothèque. Au Québec, le tribunal peut ordonner l'attribution de la résidence familiale à l'un des conjoints, même si l'autre est coemprunteur. Le BSIF exige que le conjoint racheteur se qualifie seul selon la ligne directrice B-20. L'AMF encadre les courtiers hypothécaires qui accompagnent les couples en situation de séparation. Les prêteurs peuvent exiger une évaluation de la propriété et une confirmation de la valeur nette avant d'approuver un refinancement en contexte de divorce.

Séparation, divorce et hypothèque : naviguer une situation complexe

La séparation ou le divorce affecte tous les aspects de la vie financière, et l'hypothèque sur la résidence familiale est souvent le poste le plus important à gérer. Au Québec, le cadre juridique unique du Code civil du Québec (CCQ) et les règles sur le patrimoine familial ajoutent des couches de complexité. Que vous souhaitiez vendre la propriété, racheter la part de votre ex-conjoint ou maintenir le statu quo, chaque option a des conséquences hypothécaires, juridiques et financières significatives.

Le cadre juridique au Québec : patrimoine familial

Au Québec, la résidence familiale fait partie du patrimoine familial (art. 414-426 CCQ), qui est partagé en parts égales entre les époux lors du divorce, peu importe qui est propriétaire. Pour les conjoints de fait (non mariés), le patrimoine familial ne s'applique pas; le partage dépend de la propriété inscrite au Registre foncier. Cette distinction est fondamentale car elle détermine qui a droit à quoi. Le tribunal peut aussi accorder un droit d'usage temporaire de la résidence familiale au conjoint qui a la garde des enfants (art. 410 CCQ), mais cela n'affecte pas les obligations hypothécaires.

Option 1 : vendre la propriété

La vente est souvent la solution la plus nette. Le produit de la vente, après remboursement du solde hypothécaire et de la pénalité de remboursement anticipé, est partagé entre les ex-conjoints selon l'entente ou le jugement. La pénalité est calculée par le prêteur selon les règles habituelles (DTI/IRD ou trois mois d'intérêt). Les frais de mainlevée, d'environ 300 $ à 600 $, et les honoraires du notaire s'ajoutent. L'avantage principal est la coupure nette : les deux ex-conjoints sont libérés de toute obligation hypothécaire.

Option 2 : racheter la part de l'ex-conjoint

Si l'un des conjoints souhaite conserver la propriété, il doit racheter la part de l'autre. Cela implique généralement un refinancement de l'hypothèque pour retirer le coemprunteur et, le cas échéant, débloquer les fonds nécessaires au rachat. Le refinancement constitue un bris de l'hypothèque existante, déclenchant la pénalité. Le conjoint racheteur doit se qualifier seul selon les critères du BSIF (ligne directrice B-20), incluant le test de résistance au taux le plus élevé entre le taux contractuel plus 2 % et le taux plancher. Les revenus de pension alimentaire confirmés par jugement peuvent être inclus dans le calcul de qualification selon les politiques du prêteur.

Option 3 : maintenir le statu quo temporairement

Certains couples choisissent de ne pas modifier l'hypothèque immédiatement, surtout lorsque le terme est sur le point d'arriver à échéance ou lorsque les conditions du marché ne sont pas favorables. Cette approche permet d'éviter la pénalité en attendant la fin du terme, mais elle comporte des risques importants : obligation solidaire continue, dépendance envers l'ex-conjoint pour les paiements, et complications si l'un des deux souhaite acheter une autre propriété (le prêt existant compte dans le calcul des ratios d'endettement).

Le rôle du courtier hypothécaire en situation de séparation

Un courtier hypothécaire certifié par l'AMF est un allié précieux dans une situation de séparation. Il peut évaluer objectivement les options de chaque conjoint, calculer les pénalités et les coûts de refinancement, comparer les offres de plusieurs prêteurs, et aider le conjoint racheteur à se qualifier. Le courtier peut aussi coordonner avec le notaire, le médiateur familial et les avocats pour s'assurer que l'aspect hypothécaire est traité efficacement dans le cadre global de la séparation. En vertu de la LDPSF, le courtier doit agir dans le meilleur intérêt de son client et présenter toutes les options disponibles de manière transparente.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il avec l'hypothèque lors d'une séparation au Québec?
L'hypothèque ne disparaît pas avec la séparation. Les deux coemprunteurs restent responsables du prêt tant que le contrat n'est pas modifié. Les options sont la vente de la propriété (avec pénalité potentielle), le rachat de la part de l'ex-conjoint par refinancement, ou le maintien temporaire du statu quo en attendant une entente ou un jugement du tribunal.
Mon ex-conjoint peut-il être retiré de l'hypothèque sans refinancer?
C'est extrêmement rare. La plupart des prêteurs exigent un refinancement pour retirer un coemprunteur, car cela modifie le profil de risque du prêt. Le conjoint qui conserve la propriété doit démontrer qu'il peut assumer seul les paiements et se qualifier selon les critères du BSIF (ligne directrice B-20), incluant le test de résistance.
La pénalité de bris est-elle partagée entre les ex-conjoints?
Le partage de la pénalité dépend de l'entente de séparation ou du jugement de divorce. Dans le cadre du partage du patrimoine familial au Québec (art. 414-426 CCQ), les dettes liées à la résidence familiale, incluant la pénalité, peuvent être déduites de la valeur partageable de l'actif. En pratique, la pénalité est souvent assumée par le produit de la vente ou partagée par entente entre les parties.
Puis-je rester dans la maison avec les enfants même si je ne suis pas sur l'hypothèque?
Au Québec, le tribunal peut accorder un droit d'usage de la résidence familiale à l'un des conjoints, surtout s'il a la garde des enfants (art. 410 CCQ). Cependant, cela ne modifie pas le contrat hypothécaire. Le prêteur continue de tenir les deux coemprunteurs responsables du paiement. Il est essentiel de régulariser la situation hypothécaire dans un délai raisonnable.
Le rachat de part déclenche-t-il une pénalité?
Oui, dans la plupart des cas. Le refinancement pour racheter la part de l'ex-conjoint constitue un bris de l'hypothèque existante, ce qui déclenche la pénalité de remboursement anticipé. Toutefois, si vous effectuez le rachat auprès du même prêteur, certains offrent un blend-and-extend ou des conditions préférentielles pour les situations de séparation.
Comment me qualifier seul(e) pour l'hypothèque?
Le prêteur évaluera vos revenus individuels, vos dettes personnelles et votre cote de crédit. Vous devez passer le test de résistance du BSIF (taux contractuel + 2 % ou taux plancher, le plus élevé). Si vos revenus seuls sont insuffisants, un garant, un cosignataire ou une pension alimentaire confirmée par jugement peuvent être pris en compte selon les politiques du prêteur.

Information éducative uniquement. Ne constitue pas un conseil financier au sens de la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF). Consultez un courtier hypothécaire certifié AMF avant toute décision financière.

Assistant hypothécaire

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