Location à court terme (Airbnb)

réglementation, financement, impact hypothécaire

Investisseur3 min de lecture11 février 2026
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La location à court terme, popularisée par des plateformes comme Airbnb, est soumise à une réglementation stricte au Québec. Depuis les modifications à la Loi sur l'hébergement touristique (RLRQ, c. H-1.01) entrées en vigueur en septembre 2022 et renforcées en 2023, tout exploitant d'un hébergement touristique doit obtenir un numéro d'enregistrement auprès de la Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ) et l'afficher sur toute annonce. Les municipalités ont également le pouvoir d'adopter des règlements de zonage restreignant ou interdisant la location à court terme dans certains secteurs. Du point de vue hypothécaire, les prêteurs canadiens traitent généralement les revenus de location à court terme différemment des revenus locatifs traditionnels. La plupart des prêteurs de type A (grandes banques) ne considèrent pas les revenus Airbnb dans le calcul des ratios d'endettement, car ces revenus sont jugés instables et saisonniers. Certains prêteurs alternatifs peuvent toutefois les prendre en compte avec un historique de deux ans. Par ailleurs, la conversion d'une résidence principale en location à court terme peut entraîner un changement d'usage aux yeux du prêteur, ce qui pourrait déclencher une clause de remboursement anticipé. Les revenus tirés de la location à court terme doivent être déclarés à l'Agence du revenu du Canada et à Revenu Québec, et sont assujettis à la TPS/TVQ si les revenus annuels dépassent 30 000 $.

Cadre réglementaire de la location à court terme au Québec

Au Québec, la location à court terme est encadrée par la Loi sur l'hébergement touristique (RLRQ, c. H-1.01). Depuis les réformes de 2022-2023, tout propriétaire souhaitant offrir de l'hébergement touristique — que ce soit une chambre, un appartement entier ou une maison — doit obtenir un numéro d'enregistrement auprès de la Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ). Ce numéro doit figurer sur toutes les annonces publiées sur les plateformes comme Airbnb, Vrbo ou Booking.com. Les plateformes elles-mêmes ont l'obligation de retirer les annonces qui ne comportent pas de numéro d'enregistrement valide.

Les municipalités disposent également d'un pouvoir réglementaire important. La Ville de Montréal, par exemple, a adopté un règlement qui limite la location à court terme à la résidence principale du propriétaire dans la plupart des arrondissements. La Ville de Québec applique des restrictions similaires dans certains secteurs. Avant de vous lancer, vérifiez toujours les règlements municipaux en vigueur dans votre secteur.

Impact sur votre financement hypothécaire

L'impact de la location à court terme sur votre hypothèque est significatif et souvent sous-estimé. Les prêteurs de type A (grandes banques canadiennes) considèrent généralement les revenus Airbnb comme non admissibles au calcul des ratios d'endettement, car ils sont jugés instables, saisonniers et sans garantie de continuité. Contrairement aux revenus locatifs traditionnels (baux de 12 mois), que les prêteurs reconnaissent typiquement à hauteur de 50 % à 80 %, les revenus de plateformes ne bénéficient pas du même traitement.

Si vous achetez une propriété spécifiquement pour la location à court terme, certains prêteurs alternatifs ou coopératives de crédit peuvent accepter ces revenus dans leur analyse, à condition que vous présentiez un historique fiscal d'au moins deux ans démontrant des revenus stables. Le taux d'intérêt offert sera généralement plus élevé que pour un prêt résidentiel standard, et la mise de fonds exigée pourrait être de 20 % ou plus, puisque l'assurance prêt SCHL ne couvre habituellement pas les propriétés destinées uniquement à la location à court terme.

Changement d'usage et clauses hypothécaires

La plupart des contrats hypothécaires contiennent une clause stipulant que le bien doit être occupé par l'emprunteur comme résidence principale ou utilisé conformément à l'usage déclaré lors de la demande de prêt. Convertir entièrement votre résidence en location à court terme constitue un changement d'usage. Si votre prêteur en est informé — ou le découvre —, il pourrait exiger le remboursement anticipé du solde hypothécaire. Certains prêteurs adoptent une approche plus souple pour la location partielle (une chambre) ou occasionnelle, mais la prudence est de mise.

Obligations fiscales et perception des taxes

  1. Déclarer vos revenus: Tous les revenus de location à court terme doivent être déclarés dans votre déclaration de revenus fédérale (formulaire T776) et provinciale. Vous pouvez déduire les dépenses raisonnables : intérêts hypothécaires, taxes foncières, assurances, entretien, fournitures et frais de plateforme.
  2. S'inscrire à la TPS/TVQ si nécessaire: Si vos revenus bruts de location à court terme dépassent 30 000 $ sur une période de 12 mois, vous êtes tenu de vous inscrire aux fichiers de la TPS (fédérale) et de la TVQ (provinciale) et de percevoir ces taxes auprès de vos locataires.
  3. Percevoir la taxe sur l'hébergement: Au Québec, une taxe sur l'hébergement de 3,5 % s'applique à toute location touristique. Airbnb perçoit et remet automatiquement cette taxe pour les réservations faites via sa plateforme, mais si vous utilisez d'autres canaux, vous devez la percevoir et la remettre vous-même à Revenu Québec.
  4. Conserver vos documents: Gardez tous vos reçus, relevés de plateforme et documents justificatifs pendant au moins six ans. L'ARC et Revenu Québec peuvent demander une vérification à tout moment.

Questions fréquentes

Ai-je besoin d'un permis pour faire de la location à court terme au Québec?
Oui. En vertu de la Loi sur l'hébergement touristique, vous devez obtenir un numéro d'enregistrement auprès de la CITQ et l'afficher sur toutes vos annonces. Vous devez aussi vérifier si votre municipalité autorise la location à court terme dans votre secteur, car plusieurs villes comme Montréal et Québec ont adopté des règlements restrictifs.
Mon prêteur hypothécaire acceptera-t-il les revenus Airbnb pour qualifier mon prêt?
La plupart des grandes banques canadiennes ne considèrent pas les revenus de location à court terme dans le calcul des ratios d'endettement (ABD/ATD). Certains prêteurs alternatifs ou à charte B peuvent les accepter si vous présentez un historique de revenus de deux ans minimum, documenté par vos déclarations de revenus.
Est-ce que je peux louer ma résidence principale sur Airbnb sans avertir mon prêteur?
Si vous louez occasionnellement une chambre ou votre logement pendant vos vacances, la plupart des prêteurs ne considéreront pas cela comme un changement d'usage. Cependant, si vous convertissez entièrement votre résidence en location à court terme, cela constitue un changement d'usage qui peut violer les conditions de votre hypothèque. Consultez votre contrat hypothécaire et avisez votre prêteur.
Quelles sont les obligations fiscales liées à la location Airbnb au Québec?
Vous devez déclarer tous vos revenus de location à court terme dans vos déclarations fédérale et provinciale. Si vos revenus bruts dépassent 30 000 $ par année, vous devez vous inscrire aux fichiers de la TPS et de la TVQ. Vous devez aussi percevoir la taxe sur l'hébergement de 3,5 % applicable au Québec.
La location à court terme affecte-t-elle mon assurance habitation?
Oui. La plupart des polices d'assurance habitation standard ne couvrent pas les activités de location à court terme. Vous devez aviser votre assureur et obtenir un avenant ou une police commerciale. Un sinistre survenant pendant une location Airbnb pourrait ne pas être couvert si votre assureur n'a pas été informé.

Information éducative uniquement. Ne constitue pas un conseil financier au sens de la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF). Consultez un courtier hypothécaire certifié AMF avant toute décision financière.

Assistant hypothécaire

Bonjour! Je suis votre assistant hypothécaire éducatif. Posez-moi vos questions sur les hypothèques au Québec et au Canada.

Info éducative · Ne constitue pas un conseil financier