Plus-value et impôt sur le gain en capital

résidence principale (exonérée) vs investissement

Propriété4 min de lecture11 février 2026
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Au Canada, la plus-value réalisée lors de la vente d'un bien immobilier est soumise à l'impôt sur le gain en capital, avec une exception majeure : la résidence principale. L'article 40(2)(b) de la Loi de l'impôt sur le revenu (LIR) et l'article 54 définissent l'exemption pour résidence principale, qui permet d'éliminer entièrement le gain en capital sur la vente de la résidence du contribuable. La formule d'exemption est : gain exonéré = gain total x (1 + nombre d'années de désignation) / nombre d'années de propriété. Chaque famille (au sens fiscal) ne peut désigner qu'une seule résidence principale par année. Pour les propriétés d'investissement (immeubles locatifs, chalets non désignés, terrains), le gain en capital est imposable. Depuis le 25 juin 2024, le taux d'inclusion est passé de 50 % à 66,67 % pour les gains dépassant 250 000 $ pour les particuliers. Pour les sociétés et fiducies, le taux de 66,67 % s'appliqué dès le premier dollar de gain. Le gain en capital imposable est ajouté au revenu ordinaire et imposé au taux marginal du contribuable. Au Québec, les résidents sont assujettis à la fois à l'impôt fédéral (ARC) et provincial (Revenu Québec). Les courtiers hypothécaires certifiés AMF doivent comprendre ces implications pour conseiller adéquatement les clients qui vendent des propriétés d'investissement, notamment lors du refinancement ou de la planification de la vente.

Plus-value immobilière et impôt sur le gain en capital au Canada

La plus-value immobilière, soit l'augmentation de la valeur d'un bien entre son acquisition et sa vente, est l'un des principaux moteurs d'enrichissement pour les propriétaires canadiens. Toutefois, cette appréciation peut générer une obligation fiscale importante au moment de la vente, selon le type de propriété détenue. Les règles fiscales canadiennes établissent une distinction fondamentale entre la résidence principale, entièrement exonérée, et les propriétés d'investissement, assujetties à l'impôt sur le gain en capital.

L'exemption pour résidence principale : un avantage majeur

L'exemption pour résidence principale est l'un des avantages fiscaux les plus importants offerts aux contribuables canadiens. Prévue aux articles 40(2)(b) et 54 de la Loi de l'impôt sur le revenu (LIR), cette exemption permet d'éliminer entièrement le gain en capital réalisé lors de la vente de la résidence du contribuable. Pour qu'une propriété se qualifie comme résidence principale, elle doit être normalement habitée par le contribuable, son conjoint ou ses enfants pendant chaque année de désignation.

La formule d'exemption est précise : gain exonéré = gain total multiplié par (1 + nombre d'années de désignation) divisé par le nombre total d'années de propriété. Le facteur « 1 + » est un bonus qui permet de couvrir l'année d'achat et l'année de vente sans pénalité. Chaque unité familiale (contribuable et conjoint) ne peut désigner qu'une seule résidence principale par année, ce qui requiert une planification stratégique lorsque la famille possède plusieurs propriétés.

L'imposition des propriétés d'investissement

Pour les propriétés qui ne sont pas désignées comme résidence principale, le gain en capital est imposable. Cela inclut les immeubles locatifs, les terrains non bâtis, les chalets non désignés et les propriétés commerciales. Le calcul du gain en capital commence par la détermination du prix de base rajusté (PBR), qui comprend le coût d'acquisition original plus les dépenses capitalisables : frais de notaire, droits de mutation, améliorations majeures (mais pas l'entretien courant), commissions payées à l'achat et certains frais juridiques.

Le gain en capital net est obtenu en soustrayant le PBR et les frais de disposition (commissions de vente, frais légaux de la vente) du produit de disposition (prix de vente). Ce gain est ensuite multiplié par le taux d'inclusion pour déterminer le gain en capital imposable, qui est ajouté au revenu ordinaire du contribuable et imposé à son taux marginal combiné (fédéral et provincial).

Taux d'inclusion depuis le 25 juin 2024

  • Particuliers : 50 % pour les premiers 250 000 $ de gains en capital annuels, 66,67 % pour la portion excédentaire.
  • Sociétés par actions : 66,67 % dès le premier dollar de gain en capital.
  • Fiducies : 66,67 % dès le premier dollar, sauf exceptions pour certaines fiducies testamentaires.
  • Au Québec, le taux marginal combiné maximal (fédéral + provincial) atteint environ 53,31 %. Avec un taux d'inclusion de 66,67 %, le taux d'imposition effectif maximal sur le gain en capital peut atteindre environ 35,54 %.

Stratégies de planification fiscale légales

Plusieurs stratégies permettent de réduire légalement l'impact fiscal de la vente d'une propriété d'investissement. Premièrement, maximisez votre PBR en conservant méticuleusement les reçus de toutes les améliorations apportées au bien (rénovations, agrandissements, remplacement de systèmes majeurs). Deuxièmement, planifiez le timing de la vente : si possible, étalez les dispositions sur plusieurs années fiscales pour profiter du seuil de 250 000 $ à taux réduit. Troisièmement, la réserve pour gain en capital (article 40(1)(a)(iii) de la LIR) permet de reporter une partie du gain sur 5 ans si l'acheteur paie en versements.

Pour les investisseurs détenant plusieurs propriétés, l'optimisation de la désignation de résidence principale entre les époux peut générer des économies fiscales significatives. Chaque conjoint peut être propriétaire d'un bien, et le choix de désigner l'un ou l'autre comme résidence principale pour différentes années doit être fait en fonction de l'appréciation respective de chaque propriété. Un comptable fiscaliste spécialisé en immobilier peut modéliser les différents scénarios pour identifier la stratégie optimale.

Questions fréquentes

Ma résidence principale est-elle exonérée d'impôt sur le gain en capital?
Oui, au Canada, le gain en capital réalisé lors de la vente de votre résidence principale est entièrement exonéré d'impôt grâce à l'exemption pour résidence principale prévue à la Loi de l'impôt sur le revenu. Toutefois, depuis 2016, vous devez obligatoirement déclarer la vente dans votre déclaration de revenus (formulaire T2091) même si le gain est entièrement exonéré. Le défaut de déclaration peut entraîner des pénalités.
Comment le gain en capital est-il calculé sur une propriété d'investissement?
Le gain en capital correspond au prix de vente moins le prix de base rajusté (PBR). Le PBR inclut le prix d'achat original, les frais d'acquisition (notaire, droits de mutation), les améliorations majeures au bien, et d'autres frais capitalisables. Les frais de vente (commissions immobilières, frais légaux) sont déduits du prix de vente. Le gain net est ensuite multiplié par le taux d'inclusion applicable.
Quel est le taux d'inclusion du gain en capital depuis 2024?
Depuis le 25 juin 2024, le taux d'inclusion est de 50 % pour les premiers 250 000 $ de gains en capital annuels pour les particuliers, et de 66,67 % pour la portion dépassant 250 000 $. Pour les sociétés et les fiducies, le taux de 66,67 % s'appliqué dès le premier dollar. Le gain en capital imposable est ajouté à votre revenu et imposé à votre taux marginal d'imposition combiné (fédéral + Québec).
Puis-je désigner un chalet comme résidence principale?
Oui, il est possible de désigner un chalet comme résidence principale pour certaines années, à condition de l'avoir habité normalement pendant ces années. Toutefois, chaque famille ne peut désigner qu'une seule résidence principale par année. Un choix stratégique de désignation entre la maison et le chalet peut permettre de maximiser l'exemption sur la propriété ayant connu la plus forte appréciation.
Comment l'impôt sur le gain en capital affecté-t-il mon refinancement hypothécaire?
Le gain en capital n'affecté pas directement le refinancement, mais il est pertinent dans la planification financière globale. Si vous refinancez une propriété locative pour en extraire l'équité, les intérêts sur le montant refinancé ne seront déductibles que si les fonds sont utilisés pour gagner un revenu. De plus, la plus-value latente du bien devra éventuellement être imposée lors de la vente. Consultez un fiscaliste pour optimiser votre stratégie.
Existe-t-il des stratégies légales pour réduire l'impôt sur le gain en capital immobilier?
Oui, plusieurs stratégies légales existent : maximiser le prix de base rajusté en documentant toutes les améliorations capitalisables, optimiser la désignation de résidence principale entre conjoints, planifier le timing de la vente pour étaler les gains sur plusieurs années fiscales, utiliser la réserve pour gain en capital (maximum 5 ans) pour reporter l'impôt, et considérer la détention via une structure corporative dans certains cas.

Information éducative uniquement. Ne constitue pas un conseil financier au sens de la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF). Consultez un courtier hypothécaire certifié AMF avant toute décision financière.

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