Comprendre les types de crédit au Canada
Le système de crédit canadien offre une variété de produits qui se distinguent par leur structure de remboursement et le niveau de garantie exigé. Pour l'emprunteur hypothécaire, comprendre ces distinctions est essentiel car chaque type de crédit affecte différemment la cote de crédit, les ratios d'endettement (ABD et ATD selon les lignes directrices B-20 du BSIF) et, ultimement, la capacité de qualifier pour un financement hypothécaire. Le courtier hypothécaire certifié AMF au Québec doit maîtriser ces concepts pour orienter ses clients vers un portefeuille de crédit équilibré et optimisé.
Crédit revolving vs crédit à terme
- Crédit revolving
- Produit de crédit offrant une limite réutilisable. Chaque remboursement libère du crédit disponible pour de nouvelles utilisations. Exemples : carte de crédit, marge de crédit personnelle, marge de crédit hypothécaire (HELOC). Les paiements minimums varient selon le solde utilisé, typiquement 2 % à 3 % du solde ou un montant minimum fixe.
- Crédit à terme (versements)
- Produit de crédit prévoyant un montant fixe emprunté, remboursé en versements réguliers sur une période déterminée. Exemples : prêt personnel, prêt automobile, prêt étudiant, hypothèque. Les paiements sont fixes et prévisibles. Une fois remboursé, le crédit n'est plus disponible.
Au dossier de crédit, les comptes revolving portent le code R (R1 à R9 selon l'historique de paiement) et les comptes à versements portent le code I (I1 à I9). Les comptes hypothécaires ont leur propre code M. Un dossier de crédit avec uniquement des comptes revolving est considéré moins diversifié qu'un dossier incluant à la fois du revolving et du crédit à terme. La diversite du mix de crédit représente environ 10 % de l'algorithme de pointage chez Equifax et TransUnion.
Crédit garanti vs crédit non garanti
La deuxième distinction fondamentale porte sur la garantie. Le crédit garanti est adossé à un actif que le prêteur peut saisir en cas de défaut de paiement. L'hypothèque, régie au Québec par les articles 2660 et suivants du Code civil du Québec (CCQ), est le crédit garanti par excellence : la propriété immobilière sert de sûreté. Le prêt automobile garanti par le véhicule, la carte de crédit garantie par un dépôt en espèces et la marge de crédit hypothécaire garantie par la résidence sont d'autres exemples courants. Le crédit non garanti repose uniquement sur la promesse de l'emprunteur de rembourser et sur sa solvabilité évaluée par le prêteur. Les cartes de crédit classiques, les prêts personnels non garantis et les marges de crédit personnelles sont des exemples de crédit non garanti. Les taux sont significativement plus élevés pour compenser le risque accru du prêteur.
Tableau comparatif des types de crédit
- Carte de crédit classique : revolving, non garanti, taux de 19 % à 29 %, code R au dossier, paiement minimum 2-3 % du solde.
- Carte de crédit garantie : revolving, garanti par dépôt, taux de 15 % à 21 %, code R au dossier, idéale pour reconstruire le crédit.
- Marge de crédit personnelle : revolving, non garanti, taux de prime + 2 % à prime + 6 %, code R au dossier, paiement d'intérêts seulement ou minimum mensuel.
- Marge de crédit hypothécaire (HELOC) : revolving, garanti par la propriété, taux de prime + 0,5 % à prime + 1 %, code R au dossier, limite maximale de 65 % de la valeur selon le BSIF.
- Prêt personnel : à terme, garanti ou non, taux de 7 % à 15 % (non garanti) ou 5 % à 10 % (garanti), code I au dossier.
- Prêt automobile : à terme, garanti par le véhicule, taux de 5 % à 12 %, code I au dossier, affecte le ratio ATD.
- Hypothèque : à terme, garanti par la propriété, taux de 4 % à 8 % selon le marché, code M au dossier, encadrée par le BSIF et la SCHL.
Le courtier hypothécaire certifié AMF doit aider ses clients à comprendre comment chaque type de crédit dans leur portefeuille affecte leur qualification. Un portefeuille équilibré comprenant du crédit revolving bien géré (utilisation sous 30 %), du crédit à terme rembourse régulièrement et un historique diversifié optimise les chances d'obtenir les meilleurs taux hypothécaires. La LDPSF exige que le courtier fournisse des conseils adaptés à la situation individuelle de chaque client, ce qui inclut une compréhension approfondie de la composition de son crédit.